Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Etape 40 : Plateau de Sanchèse – Refuge Jeandel

Dimanche 19 aout 2018

Etape 40 : Plateau de Sanchèse – Cayolar d’Anaye – Col de l’Insole ou col d’Anaye (2086m) – Pic d’Anie (2504m) – Col des Anies (2084m) – Col de Pescamou (1918m) – Col de la Pierre Saint Martin – Refuge Jeandel

 

Nous avions quitté le fond de la vallée de Lescun, village calme et paisible, en juillet 2017 sous un soleil radieux, et c’est sous un superbe ciel bleu et soleil déjà chaud, que nous prenons le départ de ce nouvel acte, à 8h10, au plateau de Sanchèse. Qui veut visiter les Pyrénées se doit de connaître la haute vallée d’Aspe. Tous les sommets du cirque de Lescun dépassent à peine les 2000 mètres, mais quelle majesté ! Point n’est besoin d’être un 3000 pour susciter l’admiration et donner l’envie d’y grimper. Marc nous accompagne pendant 1h30 en direction des sources du Marmitou. Le vallon est agréable, la pente n’est jamais raide. Nous allons quitter Marc qui prend la direction de la Table des Trois Rois, alors que nous partons par le col d’Anaye ou d’Insole vers le pic d’Anie.

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Droit devant le col d'Insole

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Nous parvenons au col à 10h30 après les premières 2h15 de marche de ce début d’acte. Le temps est superbe, le soleil toujours chaud, tout s’annonce pour le mieux. Au niveau du col, nous partons trop précipitamment sur le GR12 sur balisé, mais je corrige rapidement cette erreur pour partir sur l’itinéraire du pic d’Anie. Cap au Nord dans un raide pierrier.

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Ce terrain calcaire est déconcertant. Nous effaçons les difficultés techniques aisément grâce au topo très précis fourni par Marc. Mais au moment de rattraper la voie normale, par le contournement de la crête Péne de Castetné, nous découvrons ce qu’est qu’un lapiaz (lapiaz : étendues calcaire crevassée) et les problèmes qui en découlent. Le spectacle que l’on surprend est vraiment grandiose, stupéfiant et insolite à la fois. A perte de vue : des plateaux de roche blanche, percés, taraudés par l’eau de ruissellement ; des cassures, plaies béantes du calcaire. Le massif d’Anie ? Un paysage de désolation, sans source, sans rivière, sans herbe, une beauté pétrifiante. Nous avons là rien d’autre que le plus grand lapiaz d’Europe ! On évolue sur un glacier pétrifié dans du calcaire, immense calotte glaciaire figée dans la pierre pour l’éternité. La karstification n’est autre que le résultat de l’action chimique de l’eau sur le calcaire. Localement, on nomme cela les « Arres d’Anie ». On s’aperçoit rapidement que dans les arres, le plus court chemin n’est pas la ligne droite. De larges et profondes cuvettes obligent à faire des détours. Dans les dolines résident encore les derniers névés de l’ouest. Traverser les arres en leur milieu relève de l’exploit.

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Evidemment, trouver un itinéraire dans ce labyrinthe nous fait perdre du temps, et malgré quelques cairns, il faut marcher prudemment. Durant ce laps de temps, la météo a changé brutalement, avec des cumulus qui viennent recouvrir l’Anie. Une fois la voie normale rattrapée, nous suivons facilement le bon sentier et les nombreux marcheurs déjà candidats au sommet. Le sommet est atteint à 12h46 pour 4h07, mais hélas dans le brouillard. Pas de panorama grandiose, juste des trouées dans la brume. Bien que situé aux confins du Béarn, le pic d’Anie reste la montagne sacrée des Basques, qui l’appellent Ahuñamundi. En l’abordant par Lescun, le contraste est saisissant entre le bassin verdoyant et les crevasses calcaires du col des Anies. Il n’y a pratiquement pas de vue vers l’Ouest, et l’Est est invisible. Nous sommes déjà au point culminant de ce nouvel opus Pyrénéen. A partir de ce maintenant, les Pyrénées ne feront qu’onduler jusqu’à tomber dans l’océan au cap du figuier.

 

Nous sommes bien sur le point culminant de l'Anie

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Col des Anies, sous le pic du Soum Couy

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Pour nous, il est grand temps de prendre le repas, mais dans un coin à l’écart de la foule, car foule il y a en ce dimanche d’août. Il fait froid, la météo a basculé d’une saison. Après le traditionnel moment d’harmonica de Yannick, nous quittons le sommet à 13h36, non sans avoir rencontré des Catalans de notre Roussillon natal. Dans les Pyrénées, il y a bien que les montagnes qui ne se rencontrent pas ! Sympathique rencontre. A présent direction l’Ouest vers la station de ski de La Pierre Saint Martin. Nous suivons l’itinéraire de la voie normale jusqu’au col des Anies, sous le pic du Soum Couy. Puis, nous traversons sans grande difficulté le lapiaz car le balisage sur cet itinéraire est suffisant pour naviguer en sécurité malgré le brouillard.

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Soudain, apparaît la borne frontière 265 marquant le col de Pescamou, alors qu’on ne voit pas à 10 mètres. Dans ce brouillard qui limite le champ de vision, il faut prendre une décision sur la suite de l’itinéraire.

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Nous sommes au bord du GR10, mais nous le quittons au profit d’un pseudo sentier qui doit être plus direct. Hélas, les nombreuses sentes de bétail vont nous conduire au col de la Pierre Saint Martin, trop à l’Ouest du refuge qui nous attend ; cela nous rallonge un peu la journée. Nous trouvons à nouveau les balises du GR10, il n’y a plus qu’à les suivre. Le GR passe par les pistes de ski de la station et débouche exactement au refuge Jeandel. 16h55, fin de l’étape en 7h02.

 

La journée se finit toujours par une mousse

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Le refuge est en meilleur état que sa réputation qui le précède, c’est une bonne nouvelle. La partie sanitaire est limitée pour la fréquentation de l’établissement, alors exceptionnellement, il n’y aura pas de toilette. Mais la chambre est privative, avec électricité, un luxe. Le repas se compose d’une soupe, pates et bœuf bourguignon, très bon, mais qui aurait demandé un peu de supplément. Pour un premier jour de marche, cela suffira. Nous quitterons demain la haute montagne par notre entrée en terre Basque. La découverte de la terra incognita se poursuit. Nous n’avons jamais été autant à l’ouest dans les Pyrénées. Demain, lever à 6h45 pour une étape qui se déroulera essentiellement en Espagne.

 

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La journée en chiffres :

Temps de marche : 7h02 – Distance : 19,2 km – Vitesse : 2,7 km/h

Dénivelé positif : 1608 m – Dénivelé négatif : 1066 m

Altitude maxi : 2504 m – Altitude mini : 1080 m

 

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17/01/2017
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