Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Etape 9 : Refuge des Bésines - Refuge du Rulhe

Vendredi 19 juillet 2013

Etape 9 : Refuge des Bésines - L'Hospitalet-près-d'Andorre - Jasse de Pouzole - Jasse de Brougnic -  Etang de Pédourrés - couillade de Pédourrés - Etang de Couart - étang de l'Albe - col de l'Albe - col de Juclar - Refuge du Rulhe

 

Pour celui qui suit le GR10, cette étape s’effectuerait en 2 jours. Mais en combinant deux autres sentiers, essentiellement le GR107 puis le GR Transfrontalier, cela permet de gagner une journée. Fait rare pour être signalé, le début de matinée va se passer en descente. On quitte le refuge à 7h10 et à deux pas de celui-ci, on découvre de nombreux lis des Pyrénées en fleurs. Depuis le balcon du Canigou, nous n’avions plus revu ces fleurs. C’est toujours un moment de rencontre privilégié pour le randonneur.

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On enjambe le torrent des Bésines par une solide passerelle et nous effectuons la descente sur la rive gauche. Avec les pluies à répétition, le sentier est très humide, difficile de garder les pieds au sec dans ces conditions. L’étang des Bésines, au petit matin, est un modèle de sérénité. La petite île ajoute une touche de poésie à l’étang.

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Le chemin traverse une longue étendue à plat, avant de s’enfoncer en forêt, pour une descente interminable. Le sentier est propre de tout obstacle, ce qui nous permet d’avancer sans problème, et malgré cela, cette perte de dénivelé n’en finit pas. Quand nous arrivons au village de l’Hospitalet-près-d’Andorre, il est 9h47. Il nous aura fallu 2h26, c’est incroyablement long. Comme il fait déjà chaud, nous profitons de la fraîcheur de la fontaine fleurie pour se désaltérer et refaire le plein d’eau, mais aussi pour manger un peu.

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Nous mettons aussi à profit d’être en fond de vallée pour donner des nouvelles par téléphone. Bien regonflé en énergie physique et psychique, on reprend la marche sur l’autre versant de montagne, après 200m de marche sur la RN 320. Nous sommes au pied d’une ascension de plus de 1100m. Il ne faut pas s’affoler. On s’élève rapidement au dessus du village par le sentier qui passe sous les conduites d’eau forcées.

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Ce sentier est partiellement ombragé et bien fleuri. Puis on traverse le ruisseau du Sisca pour contourner le pic de Nérassol par son versant Est.

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La montée vers la Jasse de Pouzole est une merveille, toute fleurie de rose par les orchidées tachetées. Nous croisons le premier animal sauvage ariégeois : un lézard gris de fort belle taille. Ils sont bien loin les isards et marmottes vus en pays Catalan ! Les fleurs illuminent le sentier, alors que le ruisseau de Val d’Arques chante à deux pas, du clapotis de ses cascades. C’est une symphonie que nous offre la nature.

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Seul le versant de montagne sur notre droite, porte les stigmates d’un incendie. Au niveau de la Jasse de Brougnic la chaleur est intenable. Notre marche s’en trouve ralentie.

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On se hisse en un dernier effort sur les berges de l’étang de Pédourrés et l’on s’écroule : nous sommes en surchauffe. Il est 12h47, la faim se fait ressentir dans tous les organismes. Cela fait 2h10 que l’on a entamé la remontée. Nous prenons le repas les pieds au frais au bord de l’eau, mais l’absence d’ombre rend le soleil insupportable. Cette forte chaleur n’annonce rien de bon.

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Presque une heure de pause, 13h41 et c’est reparti vers la partie la plus sauvage de cet Acte 1. On laisse sur la gauche la sente qui part sur la porteille de Sisca, pour suivre à droite, celle qui franchit sans difficulté la butte au dessus de l’étang.

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La couillade de Pédourrés est un large col permettant de basculer dans la partie supérieure de la vallée suspendue de Mourguillou. Le col est encadré par les pentes douces du Tosse de Pédourrés à notre droite, et les falaises abruptes du Pic de l’Albe à notre gauche. On poursuit facilement jusqu’à trouver un pluviomètre, puis il faut rester attentif au balisage pour trouver le passage au milieu de ce chaos de roches.

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C’est à ce moment que la pluie décide de s’inviter, mais sans orage. Nous arrivons au bord de l’étang de Couart que l’on va contourner par sa rive gauche. C’est un passage mal aisé, qui domine parfois de plusieurs mètres l’étang.

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Chute interdite ! L’autre berge ne semble pas mieux. Initialement, je comptais monter à la porteille de Ruhle dite aussi de Savignac et descendre au col des Calmettes, mais ne connaissant pas cet itinéraire, par temps de pluie, je vais assurer la sécurité en empruntant un autre passage plus long. Je propose donc à mes deux compagnons de poursuivre la remontée de ce vallon. Par de-là l’étang de Couart, l’itinéraire n’est pas meilleur, on ne peut plus parler ici de sentier, puisque nous évoluons au milieu de blocs en étant guidé par des cairns.

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De nombreux névés sont présents tout autour de nous ; l’eau coule de toute part. L’ambiance générale nous paraît étrange, comme si l’on allait arriver au bord du monde.

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Pourtant, en arrivant au dessus du grand étang de l’Albe, on rencontre sous le sentier, un pêcheur et son chien. Le bout de monde serait donc habité !?!

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Entre temps, la pluie a cessé et l’astre céleste réapparaît. Sous les rayons du soleil, l’étang est superbe, avec une immense banquise en son centre. Le bleu turquoise de la glace, sous la surface obscure de l’eau, est du plus bel effet.

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Le col est maintenant devant nous, 200m au dessus de nos têtes. Mais le couloir qui y mène est recouvert par un long névé. Yannick et Marilyn vont éviter la neige en marchant en bordure du névé, mais entre roche et pelouse. Moi, las de la pierre, piolet au poing, je monte droit dans la neige.

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Finalement nous arrivons tous ensemble au col de l’Albe (2539m) à 16h37. Voilà 7h12 que l’on marche. C’est la porte de l’Andorre, le pays des Pyrénées.

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Dans la cuvette minérale devant nous, il y a l’étang premier et second de Juclar, 2 joyaux lacustres. Nous descendons un court instant dans leur direction, mais notre course ne va pas par là.

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On bifurque rapidement à droite, en évitant quelques barres rocheuses, et l’on se présente à un nouveau col, celui de Juclar. On remet les pieds en France. C’est amusant ce passage virtuel de frontière, car ici point de douane, la montagne n’a pas de nationalité. Elle est universelle ! Nous voyons au loin le refuge, notre destination pour la nuit. Mais hélas pour l’horaire, ce n’est pas par une ligne droite toute plate que ça se fera. Alors, nous faisons un point carte et l’on se lance dans la descente vers l’étang de Joclar.

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Une nouvelle fois, le tracé sur carte diffère du balisage sur le terrain. Nous faisons donc confiance au terrain qui nous fait contourner l’étang sur sa droite (rive gauche), et non à gauche comme sur le papier. Le contournement de ce lac ressemble à son homologue de Couart, c’est à dire compliqué. Un long névé fortement incliné nous barre la route. Encore une fois les piolets vont nous sortir d’affaire, les crampons auraient même été utiles. Toute chute nous aurait envoyés dans l’eau cristalline et glaciale de l’étang. Je passe en tête pour faire une trace et Yannick assure les pas de notre courageuse féminine. Cet obstacle imprévu nous fait perdre beaucoup de temps et l’horloge tourne.

 

Une partie de la descente effectuée

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Le balisage nous amène à retrouver l’itinéraire de la carte, puisque les 2 itinéraires convergent vers le même passage, une descente en lacets serrés, entre deux falaises. C’est une brèche incontournable pour quitter la cuvette supérieure du vallon. Dans cette descente rapide, nous trouvons 2 brebis égarées ; surprenante rencontre avec ses animaux aux mœurs grégaires. Puis on passe au bord de l’étang de l’Estagnol infesté de moustiques.

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C’est de courte durée, car se profile déjà l’ultime ascension du jour, pour se rendre sur le plateau où se trouve le refuge. Yannick part en éclaireur afin de prévenir le gardien de notre arrivée imminente. Marilyn fait preuve d’une volonté remarquable ; la fatigue n’a pas de prise sur sa bonne humeur. Nous arrivons finalement au superbe refuge du Ruhle à 18h57, soit 9h09 de marche.

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Le gardien nous accorde gentiment le temps de prendre une douche avant le repas. Un homme compréhensif et conciliant que l’on remercie. Après la douche chaude pour Yannick et toujours froide pour moi, on passe à table pour la dernière soirée de cet acte. L’établissement affiche quasiment complet, avec beaucoup de familles ayant des enfants en bas âges. C’est bruyant mais vivant. L’appétit de Yannick va encore faire des ravages sur le plat de pâtes et l’excellent veau en sauce. Une bonne soirée que l’on n’oubliera pas. On part se coucher aux alentours de 22h, mais nous nous accorderons un lever plus tardif, à 7h30, nos organismes l’ayant bien mérité. Nous avons passé une journée intense, typiquement HRP, où les vallées sauvages de la Haute-Ariège demandent à revenir plus souvent, pour en apprécier toutes leurs subtilités, mais aussi leurs beautés cachées.

 

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La journée en chiffres :

Temps de marche : 9h09 - Distance : 25 km - Vitesse : 3,2 km/h

Dénivelé positif : 1389 m - Dénivelé négatif : 1307 m

 Altitude maxi : 2540m - Altitude mini : 1464m

 

 

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15/11/2012
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