Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Etape 18 : Refuge des Estagnous - Montgarri

Dimanche 5 Juillet 2015

Etape 18 : refuge des Estagnous – GRT – étang Rond – étang Long - Port de Barlonguère – Port de la Girette - Montgarri

 

Debout à 7h après une nuit moyennement reposante due à nos voisins de dortoir un peu bruyants, le départ est un peu long à se mettre en place. Nous devons encore régler l’addition et il y a foule à la caisse. Après concertation avec Yannick, nous convenons d’éviter l’ascension du Mont Valier, qui ne ferait qu’ajouter de la fatigue inutilement. Nous sommes déjà au diapason avec Yannick sur les décisions à prendre. Que tout devient simple quand ça se passe ainsi.

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Nous quittons donc le refuge à 8h30 en empruntant le sentier de la veille afin de descendre à l’étang Rond. Traversée rapide de celui-ci et on engage la montée à l’étang Long. Ce matin le vent a fait son apparition, mais rien d’extrême encore. Nous sommes rendus à l’étang Long à 9h44 après 1h05. La chaleur commence à se faire sentir, on devine facilement que la journée sera chaude. Le bord de l’étang est assez vertigineux. Un étroit sentier est taillé dans la muraille, et parfois quelques câbles sont présents pour rassurer les plus impressionnés, voire même sécuriser deux passages. Quelques névés coupent le sentier et tombent dans l’eau. Yannick va s’en servir pour aller se promener sur la banquise. La couche de glace immergée est encore suffisamment conséquente pour porter Yannick l’intrépide. La montée au port de Barlonguère, quoi que raide, se passe sans difficulté ; même la marche sur le névé terminal est un plaisir.

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Nous sommes cueillis à 10h47 au port de Barlonguère par un vent très fort et froid. Même si cela ne fait que 2h07 que l’on marche, on s’accorde une pause sous le col, à l’abri de ce vent gênant. Nous repartons sur notre gauche, on quitte alors le GRT pour suivre un autre sentier moins évident, celui du Pass’Aran. On aperçoit une petite harde d’isards avec leurs petits qui ne prennent pas le temps de poser pour nos objectifs. Vu l’allure à laquelle ils détalent, on se doute qu’ils n’apprécient pas la présence des hommes par ici. On est bien loin de ceux que l’on peut observer par centaines dans les Pyrénées-Orientales. Le sentier monte en pente douce jusqu’à un point haut qui s’apparente à un col sans nom. Puis il faut contourner une cuvette herbeuse qui est bien fleurie. On passe enfin le Port de la Girette à 12h après 2h59 de marche. C’est plus un point bas sur ce plateau herbeux, qu’un col aussi bien marqué que celui de Barlonguère.

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C’est ici que l’on rentre en Espagne de façon définitive pour les 6 prochains jours. Toujours secoués par le vent, on finit par trouver par bonheur une dépression qui va nous abriter de celui-ci durant le repas. Il est 12h15 (3h09) mais il n’y a pas d’ombre et le soleil est ardent. Tant pis pour le soleil, nous mettrons de la crème. Cette journée de marche étant plus courte que celle de la veille, on s’accorde une longue pause pour manger et se relaxer la plante des pieds. Nous sommes comme seuls au monde et sur un air d’harmonica nous nous prélassons.

A 13h40, toujours en suivant les balises blanche et rouge du Pass’Aran, nous reprenons la marche. Le sentier descend fortement au fond du vallon. Nous traversons des champs de fleurs blanches qui recouvrent tout un pan de montagne. C’est du plus bel effet.

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Puis le sentier coupe plusieurs fois un torrent presque à sec, avant de changer de cap pour remonter dans une forêt de pins à crochets. L’ombre que fournit le sous-bois est une bénédiction que l’on apprécie à sa juste valeur. Au détour d’un lacet, le tronc d’un arbre est lacéré à moins d’un mètre du sol. Mais quel est l’animal qui a fait cela ? En examinant les marques sur l’écorce, nous trouvons des poils bruns clairs et des traces de griffes parallèles. Serait-ce la marque d’un ours ? En tout cas, tout porte à croire que c’est un plantigrade qui serait passé par là ; nous retiendrons cette hypothèse qui nous plait bien. Nous apercevons au travers des branches le clocher de la chapelle de Montgarri, la fin d’étape est proche. On débouche sur une prairie où le sentier se perd, mais à vue, il n’y a aucune difficulté à s’orienter. Seul le cours d’eau de l’Arriu Porquèr, affluant de la Noguera Pallaresa, viendra troubler notre marche. Il n’y a pas de pont pour le franchir et la membrane Goretex de nos chaussures fera merveille pour traverser les pieds au sec. Nous arrivons à l’ancien sanctuaire de Montgarri à 15h45 après une courte journée de marche de 5h02.

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A 16h, nous retrouvons avec plaisir notre ami Marc, qui va se joindre à nous durant les prochains jours. Le timing était parfait. Et Marc a travaillé pour nous ces derniers jours. Il a étudié cartes et vallées autour du pic de Roca Blanca afin de trouver des solutions pour l’étape du lendemain, qui s’avère trop longue. Comme il a sa voiture sur place, plusieurs options s’offrent donc à nous. Une fois exposées toutes les options, ce sera la plus raisonnable qui retiendra nos suffrages. Nous ferons un peu de voiture pour éviter une vallée longue et monotone, ainsi qu’un pierrier peu engageant, mais sans rien nous faire gagner dans notre progression vers l’Ouest. Ce tronçon véhiculé reste sur la même latitude, donc cohérent avec notre projet pédestre. Merci Marc pour ton dévouement et le partage de tes grandes connaissances.

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Le bâtiment qui héberge touristes et randonneurs dispose de tout le confort moderne à 1650 mètres d’altitude, jusqu’à l’eau chaude gratuite. Et ce soir il semble presque vide, si bien que nous aurons une chambre pour nous trois seulement. C’est le luxe qui s’invite à nous. L’église joliment restaurée est un petit bijou dans cet écrin de verdure. Que c’est beau Montgarri ! C’est pour moi la première bonne surprise de cet acte. Le repas est servi à 20 heures. Et ce nouveau souper sera une autre bonne surprise. Une soupe ouvre l’appétit, suivie d’une grosse salade composée, puis des pieds de mouton en sauce accompagnés de pommes de terre frites maison. Tout simplement délicieux ! C’est l’estomac repu que nous nous couchons à 22h, une journée sévère nous attend.

 

 Carte_J18.JPG

 

La journée en chiffres :

Temps de marche : 5h02 - Distance : 12,8 km - Vitesse : 2,9 km/h

Dénivelé positif : 683 m - Dénivelé négatif : 1236 m

Altitude maxi : 2559 m - Altitude mini : 1673 m

 

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12/06/2013
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