Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Etape 36 : Refugio de Respomuso - Refuge de Pombie

Jeudi 13 Juillet 2017

Etape 36 : Refugio de Respomuso – Ibones de Arriel – col d'Arrémoulit (2448m) – Refuge d'Arrémoulit – passage d’Orteig – col d'Arrious (2252m) – cabane d'Arrious – cabane du Caillou de Soques – cabane de Puchéoux – Refuge de Pombie

 

Après une nuit agitée mais réparatrice, lever à 6h50 puis départ à 8h03 sous un ciel d’un bleu profond. Le beau temps semble acquis pour les prochains jours, plus d’inquiétude à avoir de ce coté là. Marc assurera le guidage du jour. Le sentier matinal suit une conduite d’eau, encadrée d’un très beau et odorant parterre d’iris des Pyrénées.

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Dernier regard sur l'embalse de Respomuso au petit matin

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Puis nous quittons ce sentier agréable, pour tourner à droite dans le vallon qui nous amène à la découverte des lacs d’Arriel ou ibones de Arriel plus exactement, puisque nous sommes encore sur les terres Aragonaises. Le site fait très haute montagne avec ses chaos rocheux, sous le versant Sud du Palas et l’austère face Ouest du Balaïtous. Quelques névés subsistent encore dans les hauteurs. Ici, aucun sommet ne se donne facilement, chaque voie normale est un défi qui ne tolère aucune erreur d’itinéraire. Mais pour nous, pas de sommet au programme du jour, juste avancer toujours plus vers l’Ouest. Au bord de l’ibòn de Arriel alto, peu après 10 heures, nous faisons une halte. C’est l’occasion pour avaler l’orange quotidienne du panier repas, fournit par le refuge. Cela va alléger notablement le sac et donner un peu de force pour ascensionner le premier col du jour.

 

Pic Palas se reflétant dans l'ibòn de Arriel bajo

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Pic  Palas et ibòn de Arriel alto

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Col d'Arrémoulit plein centre

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La montée du col d’Arrémoulit se fait au pas du métronome de Marc, rythme qui convient finalement à tous. Ce n’est pas un pierrier comme à Letrero, ce n’est pas non plus une pelouse, c’est un peu des deux ; c’est de la montagne rude où il faut lever bien haut les jambes. C’est le bis répétita du col de l’Estanh de Mar franchi durant l’acte 3. Pourtant ce sera le dernier col qui présente de telles caractéristiques. Et c’est donc par ce col d’Arrémoulit, qu’à 10h38, après 2h08, que nous rentrons à nouveau en France.

 

Balaïtous vu depuis le col d'Arrémoulit

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Retour en France

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Une source coule sous le pierrier versant français, c’est l’occasion de faire le plein d’eau. Le sentier passe par le petit refuge d’Arrémoulit. Nous nous accordons une pause pour se désaltérer au bar local et faire un brin de causette avec le sympathique gardien. La montagne vit aussi par ces gardiens et ces refuges qui assurent un maillage pour le confort des marcheurs au long cours. Nous ne manquons pas d’admirer l’étang éponyme, miroir géant du pic d’Arriel. Sur sa surface sombre, l’imposant Arriel se mire tel le prétentieux Narcisse.

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Depuis le refuge deux solutions s’offrent à nous pour se rendre au col suivant. Marc choisit l’itinéraire classique du col d’Arrious qui impose une perte de dénivelé d’une centaine de mètres. Avec Yannick, nous choisissons le raccourci par le passage d’Orteig, célèbre passage vertigineux de la HRP. C’est un impressionnant chemin en corniche au-dessus d’un à-pic de 200 mètres qui permet depuis le refuge, après une faible prise de dénivelé, d’arriver pratiquement de niveau au col. Une main courante est installée à demeure. C’est très vertigineux sur notre droite dans ce sens, autant dire que toute chute est interdite. Bien que très court, les sujets au vertige sont priés d’éviter cet itinéraire. Pour se croiser, il faut le faire sur quelques recoins stratégiques, mais nous n’aurons à le faire qu’une fois. En un rien de temps, l’étang du col d’Arrious est atteint. Il est 12h08 et nous marchons depuis 3h08. Nous arrivons naturellement les premiers au point de rendez-vous puisque ce passage est plus court que l’itinéraire classique. Mais Marc ne tarde pas à nous rejoindre ; on le soupçonne, même s’il s’en défend, de s’être mis les tripes à l’air. Le repas du jour sera pris sur les berges de l’étang. C’est un classique de la randonnée familiale, les places sont chères au bord de l’eau. Séance de cryothérapie pour les pieds dans l’eau glaciale du lac, un régal. La voute plantaire en redemande. L’endroit est bucolique à souhait, et nous serions restés plus longtemps si un long chemin ne nous attendait pas pour la seconde partie de journée.

 

Lac d'Artouste en montant au passage d'Orteig

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Passage d'Orteig

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Lac d'Arrious

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Nous reprenons la marche à 13h03 pour une plongée de 900 mètres. Le col d’Arrious marque une rupture radicale de décors pour celui qui marche vers l’Ouest : moins de roche, plus de verdure. Depuis le col d’Arrious, le pic du midi d’Ossau apparaît tout proche, tel un phare au dessus de la mer. L’Ossau est certainement le pic le plus individualisé et le plus caractéristique des Pyrénées. Il est identifiable entre tous avec ses deux cimes biens distinctes. Cela lui donne une apparence de tête d’ours, la face tournée vers le ciel. A présent c’est lui qui va attirer nos regards durant les prochaines 24 heures, et il servira de toile de fond pour faire de belles photos en souvenir.

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Le ciel est toujours aussi bleu, le fond de l’air chaud. Quand Marc assure le tempo pour les montées, c’est du 400 mètres à l’heure, mais quand il s’agit de descente, il double carrément l’allure. Il est ainsi Marc, la descente ça l’ennuie, alors plus vite on sera en bas, plus longue sera la sieste. L’objectif affiché est de perdre les 900 mètres en une heure. Le sentier est trop beau pour ne pas en profiter, alors on va « freiner » ses ardeurs. La descente dans la partie la plus haute s’effectue sur des pelouses où il y fait très très chaud.

 

Digitales pourpres au Québe d'Arrious

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Mais le bon sentier s’engouffre dans une forêt de feuillus dont l’ombre qu’ils procurent sera la bienvenue. On revit ! L’ombre par fortes chaleurs, quel bonheur ! Puis le sentier débouche ensuite sur la route du col du Pourtalet, aux cabanes du caillou de Soques. Il est 14h26 et simplement 4h22 de marche. Nous avons mis 1h14 pour effectuer cette lourde perte de dénivelé, soit 14 minutes de trop au grand désespoir de l’ami Marc. La faute aux jeunes bien entendu ! Qu’à cela ne tienne, nous nous octroyons 45 minutes de pause à l’ombre d’un des cailloux, de Soques bien entendu.

 

Au pas cadencè !

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Cet arrêt est indispensable pour envoyer des nouvelles, puisque le réseau téléphonique passe relativement bien. Il regonfle également le moral avant d’affronter les 700 mètres de dénivelé qui nous séparent du refuge de Pombie. On se remet en marche au pas de sénateur du guide, dont le mode « diesel » est long à se mettre en action. D’abord une belle partie en forêt, puis le reste dans les alpages, un terrain que j’affectionne tout particulièrement. Le refuge est à vue, il n’y a plus qu’à lâcher les chevaux au moment opportun. Chacun monte alors à son rythme, totalement débridé, sans attendre le sénateur. Quel scandale ! D’ailleurs, nous attend-il, lui ? C’est en quelque sorte pour moi, la revanche du col de Letrero. A ce jeu, c’est le plus jeune, Yannick, qui va nous faire la démonstration de ses talents de trailer. Il arrive au refuge à 16h31, moi deux minutes après en 5h41, puis notre « vieux » guide qui boucle cette journée en moins de 6 heures, comme à son habitude devrais-je dire. Il faut dire que l’étape a beau faire 16 ou 21 km, il mettra toujours 6 heures ; c’est une science, voilà tout.

 

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L'Ossau omniprésent

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Dans notre dos la vallée que l'on vient de descendre avec le Palas

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Pas de douche au refuge mais il y a mieux, un magnifique lac piscine, où nous allons nous baigner à tour de rôle. Dans une eau claire que l’on estime à 14°C, perchée à 2000 mètres sous l’imposant Ossau, il y a pire comme bain. Et quel bain ! Un grand souvenir fait de rigolade et d’insouciance. Un bien fou pour le corps et pour l’âme.

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A 18h30, une brume humide vient boucher la vue et incite tout le monde à rentrer. Initialement, le repas devait être servi à 19 heures, mais le gardien a retardé le service de 30 minutes pour attendre des randonneurs en retard. Cela va fortement contrarier un marcheur allemand pointilleux sur la ponctualité ; cet incident diplomatique va nous faire rire, alors même que nous venons de « frôler la troisième guerre mondiale ». Le repas se compose de la traditionnelle soupe qui sera aux épinards pour la première fois, puis d’un chili con carne qu’on ne pensait pas trouver dans un tel endroit, et une tarte au chocolat. Depuis que l’on marche de refuge en refuge, je dois signaler que les gardiens font preuve d’originalité dans les repas, puisque nous n’avons jamais eu deux fois le même menu. Voilà une belle journée qui fut réussie sur toute la ligne. Le traumatisme de la veille s’estompe doucement.

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Première partie en Espagne

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Seconde partie en France

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La journée en chiffres :

Temps de marche : 5h41 - Distance : 19,4km - Vitesse : km/h

Dénivelé positif : 1191m - Dénivelé négatif : 1302m

Altitude maxi : 2404m - Altitude mini : 1392m

 

Etape précédente - Etape suivante



17/01/2017
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