Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Traversée des Pyrénées entre GR et HRP

Etape 34 : Refuge de Baysselance - Refugio de Bachimaña

Mardi 11 Juillet 2017

Etape 34 : Refuge de Bayssellance – Hourquette d’Ossoue (2734m) – refuge des Oulettes – col des Mulets (2591m) – Pic des Oulettes (2760m) – col des Mulets – ibòn alto de Batanes – col de Letrero (2642m) – ibòn de Bramatuero alto – ibòn de Bramatuero bajo – Refuge de Bachimaña

 

Une nouvelle fois, ma nuit fut agitée ; le vent soufflant en rafales très violentes a perturbé mon sommeil. Et pour ce troisième jour, la météo au petit matin est une nouvelle fois plus que médiocre. Tous les sommets culminant à plus de 3000 mètres sont drapés d’une écharpe grise. Le départ du refuge de Baysselance est donné à 7h45.

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L’Hourquette d’Ossoue est vite franchie. Pour l’anecdote, ce col est le plus haut que franchi le GR10. On enchaine sur la bonne descente au pas rapide du guide Marc. Cette météo peu engageante ne semble pas décourager les nombreux candidats au Petit Vignemale que nous croisons, en tenues pas toujours adaptées au froid qu’il fait. Le sentier nous conduit au refuge des Oulettes à 9h05, pour 1h18 de marche.

 

Glacier des Oulettes vu depuis la Hourquette d'Ossoue

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Col des Mulets où nous allons

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Une pause de 10 minutes est accordée pour admirer l’imposant versant Nord du Vignemale. C’est le versant de tous les superlatifs. C’est sans exagérer le plus spectaculaire des Pyrénées, avec ses vieux glaciers suspendus, son couloir de Gaube, et ses 1000 mètres rectilignes s’élevant vers le ciel. Une ode à la verticalité. Hélas, la brume d’altitude nous masque une partie des cimes de la Pique Longue et du Clot de la Hount. Nous engageons en suivant, la rampe qui conduit au col des Mulets ; le sentier est plutôt agréable, fait de quelques lacets. Un long névé subsiste encore sous le col. Nous arrivons au col à 10h13 [2h13] alors qu’un vent extrêmement violent y souffle. L’effet venturi atteint son paroxysme. On ne s’entend pas parler, il ne faut pas trainer là.

 

L'impressionnante face Nord du Vignemale

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Au col des Mulets

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Avec Yannick, nous partons à l’ascension du pic des Oulettes, le proche sommet qui domine le col des Mulets. Pendant ce temps, Marc avance pour se mettre à l’abri des rafales, et repérer un lieu de pique-nique. Il n’y a pas de sentier, du raide où il faut chercher son itinéraire ; nous posons souvent les mains et balisons notre passage par de nombreux cairns. Le sommet est atteint à 10h48 pour 2h37. La vue sur la Pique Longue de Vignemale est imprenable. Il semblerait qu’on puisse la toucher de la main. Illusion d’optique ou ivresse des cimes ? Toujours est-il que ce sommet imprévu initialement, se révèle être une très belle découverte pour son point de vue. De plus, il fait bien moins froid qu’au col. Un sommet de plus dans notre escarcelle de marcheurs au long cours. Mais on ne peut rester que quelques minutes, trop de chemin nous attend encore.

 

A l'abordage de cette forteresse de pierre

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Sommet du pic des Oulettes avec La Pique Longue

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Col des Mulets à nos pieds et Pic Alphonse Meillon au fond

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Les cairns de la montée nous sont bien utiles dans ce sens où chaque dalle peut vite devenir un piège. On plaisante en disant que nous venons d’ouvrir une voie ! Humour des cimes bien entendu. Le franchissement du col des Mulets marque l’entrée en terre ibère. Nous retrouvons Marc l’éclaireur à l’heure du repas, sur un replat herbeux, à 11h53. Il n’y a pas de vent, un torrent et de l’herbe tendre. Monsieur Transpyr se transcende pour notre plus grand plaisir.

 

Col des Mulets et pic des Oulettes versant Sud

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Nous repartons groupés à 12h57. Il faut à présent aller chercher un col totalement masqué d’où nous nous trouvons, le col de Letrero. Il se trouve sur notre droite, mais il n’y a aucune sente. A la boussole et au jugé, nous engageons la première rampe qui nous conduit à l’étang alto de Batanes. Cet étang est serti dans un écrin de roche qui le rend bien difficile à contourner. L’ascension du col va se passer dans un immense chaos de roche. Autant dire qu’il n’y a pas de sentier. Chacun y va de son itinéraire, bien distinct du voisin. A ce jeu là, Marc est le plus habile. Il prend de la hauteur avec beaucoup d’aisance. Il n’en est pas de même pour moi, qui cherche l’équilibre sur ces blocs instables. Cette montée du col de Letrero est un moment d’anthologie. Alors que l’on semble toucher au but, une cuvette nous sépare encore du dit col. Tout comme au col des Mulets, un long névé s’étire sous col, facilitant finalement la marche finale. Le col est franchi par tous à 14h30 pour 4h58. Je me fais évidemment chambrer car j’arrive bon dernier. Mais comme il est peu probable que j’y revienne un jour, je prétexte avec mauvaise foi, avoir profité volontairement au maximum de ce moment pénible. L’ambiance dans le groupe est bonne enfant. On s’accorde une courte pause, mais il ne faut pas flâner, car nous n’avons parcouru que la moitié du chemin du jour. Depuis le col, il faut absolument regarder une dernière fois l’immense versant Sud du Vignemale et le couloir du Cerbillona qui tombe dans le rìo Ara.

 

En chemin vers l'ibòn alto de Batanes

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L'ibòn alto de Batanes et col de Letrero au fond

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Qui a parlé de cailloux ? Qui a parlé de chemin ? Qui a dit que les Pyrénées étaient des montagnes à vaches ?

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Ibòn de Batanes et diagonale du Cerbillona

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On se la coule douce au col de Letrero

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A cet instant de la journée, il ne reste que de la descente pour se rendre au refuge de Bachimaña. Ça c’est la théorie. En pratique, il va y avoir encore pas mal de côtes. Il n’y a pas de sentier et le terrain est fortement accidenté. Heureusement, il fait beau et un petit vent frais permet de supporter les rayons ardents de l’astre céleste. Une belle météo semble vouloir enfin nous accompagner. Il faut dans un premier temps éviter de passer à l’ibòn de Letrero, mais pousser le pas sur la gauche.

 

Ibòn de Letrero et pic de la Grande Fache au fond à gauche

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Le contournement de l’ibòn de Bramatuero Alto se passe impérativement sur sa rive gauche orographique. Il est éprouvant, épuisant et quelque peu démoralisant. Cette retenue d’eau n’est pas encore à sa côte maximale. Je ne lui trouve ainsi aucun charme. Le terrain n’est pas très roulant. Ça monte et ça descend sans cesse ; ce cumul de courtes montées sournoises finit par user prématurément l’organisme. Puis on enchaine sur une descente accidentée qui nous conduit à l’ibòn de Bramatuero Baixo. Enfin un étang totalement en eau, bien plus séduisant. Mais là encore c’est trèèèèèes long. Là encore, le sentier contourne le lac rive gauche dans des rochers moutonnés. On évolue dans des paysages d’une sauvage grandeur.

 

Ibòn de Bramatuero Alto presque vide

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Ibòn de Bramatuero Alto et col de Letrero au fond

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Ibòn de Bramatuero Bajo et Pics d'Enfers à gauche

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Embalse de Bachimaña Alto dominé par les Pics d'Enfer

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S’ensuit pour finir le contournement de l’Embalse de Bachimaña Alto, extrêmement long lui aussi. Décidément, la longueur est une constante dans ce secteur. Grosse fatigue à ce moment précis de la journée. De la lassitude également. Nous marchons pourtant sur un rythme soutenu, mais la journée ne semble jamais finir. Ce terrain mal commode, où on trébuche à chaque pas, est usant pour le moral et les chaussures. Pourtant cette nouvelle retenue d’eau ne manque pas de charme. L’eau est d’un bleu intense. Le pin à crochets lui donne une touche romantique. Il y a même un ilot pour compléter ce charmant tableau. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire une belle destination. Mais pour l’heure, je ne songe qu’à une bière et me délasser les muscles.

 

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Nous arrivons enfin au refuge de Bachimaña à 18h03, après 8h04 d’une longue journée ; elle se termine sous un immense ciel bleu. Ce refuge est tout récent, il date de 2012. Le confort qu’il propose va au delà de nos espérances. Chambre pour nous 3 avec douche chaude privative, prises électriques dans la chambre, et même le réseau téléphonique. Du grand luxe à 2200 mètres d’altitude. On ne se prive pas de la douche, et on en profite enfin pour faire une lessive. Le repas est servi à 20 heures dans un réfectoire bruyant ; pas de doute, nous sommes bien en Espagne. Nous nous couchons rapidement en quête de repos bien mérité. La journée qui va suivre doit être la plus technique de cet acte, et sonnera aussi la fin des 3000 sur notre route.

 

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Grosse soif

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La journée en chiffres :

Temps de marche : 8h04 - Distance : 20,7km - Vitesse : km/h

Dénivelé positif : 1273m - Dénivelé négatif : 1760m

Altitude maxi : 2760m - Altitude mini : m

 

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17/01/2017
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